20 mai 2022

6 min à lire

Gestion financière et epargne

Finance comportementale et investissements : une avancée technologique
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Table des matières
  • Définition de la finance comportementale

  • La naissance de la discipline

  • Les pères fondateurs 

  • À quoi sert la finance comportementale ?

  • Quelques exemples de « biais »

  • Le rôle essentiel de la technologie


Dans notre article, nous allons expliquer ce que signifie la finance comportementale et comment la théorie de la finance classique et celle de la finance comportementale se différencient.

La finance traditionnelle par rapport à la finance comportementale
Le principe clé de la théorie financière classique

Contrairement à la théorie de la finance comportementale (connue sous le nom « behavioral finance » en anglais), celle de la finance classique se base sur l’hypothèse que chaque individu est parfaitement rationnel (= investisseur rationnel). Par conséquent, grâce à cette particularité, il parvient à prendre systématiquement la meilleure décision, quelle que soit la situation. 

Selon la théorie financière classique, les investisseurs font des choix rationnels, en agissant sur la base de toute une série d’informations analysées rationnellement.

Plusieurs études empiriques, mais également l’histoire (il suffit de penser à ce que nous ont enseigné les crises financières), ont prouvé que les individus commettaient systématiquement des erreurs.

Qu’est-ce que la finance comportementale ?

L’homme ne se résume pas uniquement à sa raison : il a aussi son instinct et son émotivité, raisons pour lesquelles il fait souvent des choix irrationnels (= investisseur émotionnel). Tel est le principe à l’origine de la finance comportementale, la branche des études économiques axée sur les comportements des investisseurs sur les marchés financiers.

En opposition à la théorie de la finance classique relative à la parfaite rationalité des individus et à l’efficacité du marché, elle se propose comme une approche à certains égards alternative et, à d’autres, complémentaire. Ce nouveau courant de pensée part en effet de l’idée que les marchés ne sont pas du tout efficaces et que les individus ne sont pas totalement rationnels. 

La finance comportementale accorde un rôle important aux émotions dans le choix des investisseurs et tente de comprendre leur influence sur les marchés financiers. 

En d’autres termes, nous pourrions définir la finance comportementale comme une combinaison d’économie, de finance et de psychologie des investisseurs.

Finance comportementale : les origines

Cette branche de l’économie a connu un grand développement ces 30 à 40 dernières années, étant donné que c’est pendant cette période que se sont concentrées les principales publications et les études les plus éminentes. 

Il convient toutefois de préciser que les origines de la finance comportementale remontent à bien plus longtemps que cela. 

On peut commencer à parler d’économie comportementale à la fin du XVIIIe siècle avec Adam Smith, auteur de l’ouvrage « Théorie des sentiments moraux », dans lequel le célèbre économiste analyse les comportements psychologiques individuels et sociaux. 

Les économistes néoclassiques rompent quant à eux tout lien avec la psychologie, en créant la théorie de l’homo economicus, considéré exclusivement comme un être rationnel. 

Il faudra ensuite attendre le siècle passé, et plus précisément la deuxième moitié du XXe siècle, pour assister à un retour de la finance comportementale.

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Les pères de la finance comportementale : analyse de certains principes

En 1979 est publié le texte « Prospect Theory: an analysis of decision under risk », rédigé par deux psychologues israéliens. 

Il s’agit de Daniel Kahneman et d’Amos Tversky, considérés comme les pères fondateurs de la finance comportementale. 

Avec leur théorie des perspectives, les deux psychologues tentent ainsi de démontrer que les processus décisionnels dans un environnement économique subissent d’importantes modifications dès le moment où l’individu se trouve dans une situation de risque.

Généralement, les êtres humains prennent leurs décisions en ayant pour objectif celui d’éviter les pertes ou d’atteindre un bénéfice garanti. 

Mais lorsqu’ils se trouvent dans un contexte d’incertitude, une asymétrie se crée dans le processus décisionnel. 

La théorie des perspectives affirme alors que le poids des risques est de loin supérieur à celui des bénéfices. 

Il y a une asymétrie dans l’évaluation et il a été prouvé que la peur du risque d’investir est trois fois plus importante que la joie éprouvée au moment de conclure un investissement fructueux.   

De là dérive le concept d’aversion aux risques, l’un des phénomènes psychologiques mis en lumière par Kahneman et Tversky dans le cadre de leurs études. 

Parmi les pères fondateurs de la finance comportementale, citons également Richard Thaler, qui a remporté le prix Nobel d’économie en 2017. 

Thaler est considéré comme le fondateur de l’économie comportementale, dont la théorie de base repose sur le fait que les êtres humains effectuent des choix fondamentalement irrationnels dans un environnement économique. 

Ces mauvais comportements permettent ainsi d’expliquer certains phénomènes financiers.  

À quoi sert la finance comportementale ?

La finance comportementale a pour objectif de comprendre l’évolution des marchés financiers sur la base du comportement des individus et de la société. 

En d’autres termes, ce sous-domaine de l’économie comportementale tente de comprendre le comportement des investisseurs et les raisons qui sous-tendent leurs décisions. 

Comme nous l’avons vu auparavant, l’un des principes de la finance comportementale est que l’être humain n’est pas totalement rationnel. 

Même dans un environnement financier, les choix sont conditionnés par toute une série de facteurs externes, appelés « biais cognitifs », qui induisent les investisseurs à commettre des erreurs, avec des effets souvent désastreux pour eux, mais parfois aussi par réflexe pour les marchés financiers.     

Grâce à la finance comportementale, ces mauvais comportements nuisibles sont étudiés et une fois qu'ils sont identifiés, ils peuvent permettre de comprendre non seulement leur origine, mais également la logique du marché. 

La finance comportementale est donc un outil indispensable, car il permet d’optimiser la gestion de l’épargne et des investissements.

Les recherches et les études réalisées à ce jour ont permis aux grands investisseurs de définir des stratégies justes pour tirer le maximum des investissements, même dans les phases les plus complexes du marché, quand bien souvent la majeure partie des individus commettent des erreurs.  

Finance comportementale : les erreurs cognitives. Quelques exemples

Nous avons déjà expliqué précédemment l’un des principes fondamentaux de la finance comportementale : l’être humain commet systématiquement des erreurs à cause de l’absence d’une rationalité absolue dans ses décisions.

Ces erreurs sont définies comme des « biais » cognitifs et grâce à leur analyse, des modèles théoriques peuvent être identifiés sur lesquels on peut s’appuyer pour prendre des décisions en toute conscience. 

Les biais se divisent en deux catégories : les biais cognitifs et émotionnels. 

Les biais cognitifs sont des « raccourcis » mentaux auxquels on recourt pour éviter un raisonnement, tandis que les biais émotionnels sont déclenchés par des émotions, comme la peur ou le désir.

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On parle d’excès de confiance quand quelqu'un a tendance à surévaluer ses capacités et se fie donc exclusivement à sa perception qu'il estime supérieure à toute preuve objective.

En raison de sa perception asymétrique des risques et des bénéfices, l’individu perçoit une douleur plus forte pour les risques, par rapport au plaisir lié aux bénéfices. 

À cause de ce biais, il risque de prendre une mauvaise décision motivée par la peur d'une perte, qui ne lui permet pas d’évaluer objectivement les bénéfices potentiels.    

Le profil des investisseurs jouant un rôle important lors de la prise de décision, Forward You a défini un modèle de risque sur une échelle allant de « conservateur » à « offensif ». C'est ainsi que nous trouvons la bonne stratégie d’investissement d'après l'appétence personnelle pour le risque.

Le biais d’origine incite à prendre des décisions sur la base de schémas déjà vécus et expérimentés auparavant. 

Cette erreur cognitive conduit l’individu à investir dans des valeurs qu’il connaît déjà, en excluant par exemple les valeurs étrangères, en se pénalisant fortement en termes de diversification. 

L'ancrage est un autre biais avec des effets extrêmement négatifs : il s’agit de la tendance à « s’ancrer » aux premières informations reçues et par conséquent aux premiers choix faits sur la base de ces informations, sans prendre en compte d’autres options.

L'effet de groupe fait partie des biais les plus connus. Il s’agit de la tendance à suivre les comportements des autres, sans adopter d’approche rationnelle permettant d’effectuer un choix en toute connaissance de cause. 

L’effet de groupe peut mener par exemple à vendre une action uniquement parce que tous les autres s’en défont, même si ce n’est pas forcément le bon choix. 

De même, on pourrait acheter une action en suivant l’euphorie des autres, avec le risque de tomber sur une bulle spéculative.

L’un des biais cognitifs identifiés par la finance comportementale est représenté par l’erreur d’attribution, que l’on peut rencontrer juste après avoir pris une décision d’investissement.

Dans le cadre d'une erreur d’attribution, on a tendance à s’attribuer les mérites des choix à l’issue favorable, tout en attribuant aux autres la faute de ceux à l’issue défavorable.

Économie comportementale et neuroéconomie

À la lumière de la thèse de fond dont part Thaler, il n'est pas surprenant qu’il existe un lien étroit entre l'économie comportementale et la neuroéconomie, une discipline qui étudie la façon dont les êtres humains prennent des décisions économiques.

Principe de la finance comportementale

Pour comprendre le principe de la finance comportementale, il faut partir d’une considération aussi simple que fondamentale : l’homme ne se résume pas uniquement à sa raison : il y a aussi l’instinct et l’émotivité, raisons pour lesquelles il fait souvent des choix irrationnels.

Quand est-ce que la finance comportementale entre en jeu ?

Pour l’essentiel, la finance comportementale étudie les marchés par rapport au comportement des personnes, en essayant de comprendre l’influence des émotions et des aspects psychologiques des investisseurs sur les marchés financiers.

Finance comportementale : le rôle essentiel de la technologie

Les erreurs cognitives qui viennent d’être énumérées ne sont que quelques-unes de celles qui influencent les décisions financières dans une large mesure. 

Le fait de savoir que les choix d’investissement peuvent être conditionnés par ces biais est sans aucun doute un premier pas très important. 

Le mérite en revient sans aucun doute à la finance comportementale qui nous aide en nous fournissant des modèles grâce auxquels nous pouvons prendre de meilleures décisions de manière plus rationnelle. 

Toutefois, être conscient des anomalies de comportement n’est pas une garantie de succès, car souvent cela ne suffit pas éviter la répétition des erreurs, même si nous en sommes conscients. Et c’est là que la technologie joue un rôle décisif, en nous permettant d’éviter les biais qui conduisent l’être humain à écouter ses propres émotions et pas seulement ses pensées rationnelles. 

On pense par exemple à l’intelligence artificielle qui, libre de toute forme d’émotivité, garantit une approche rationnelle des investissements, surtout dans les situations de marché les plus difficiles. 

Forward Quant, technologie et flexibilité

La haute technologie est également l’apanage d’un autre de nos produits, Forward Quant, l’assurance-vie basée sur la finance quantitative qui permet de saisir les opportunités offertes par plus de 400 000 actifs sur le marché mondial. 

Forward Quant, grâce à une série d’algorithmes quantitatifs et qualitatifs, se concentre sur l’objectivité pure de l’analyse des données et le contrôle constant de la volatilité, tout en protégeant l'investissement des erreurs que l’émotivité humaine provoquerait inévitablement.